Ce fameux soir moi je n'ai rien vu venir... À mon arrivée de l'opération vers les 8h tout se passe bien. On me contrôle à toutes les heures c'est-à-dire que l'on vient toucher le nouveau sein, on regarde la couleur, on prend les signes vitaux et tout le protocol est en place. Comme on m'a donné du dilodide par injection, je suis tombée endormie rapidement. À un moment, je me souviens qu'une infirmière m'a parlé pour me dire qu'elle était dans le personnel mais qu'elle n'avait pas encore eu le temps de se changer. Est-ce au changement de quart, une autre personne appeler, il était quelle heure ??? Tout ce que je sais c'est qu'elle touche et elle n'aime pas ce qu'elle voie. Je n'ai pas trop connaissance. Dans la chambre, on ne voie que des lumières de lampe de poche qui bouge continuellement. J'entends beaucoup de choses : à minuit la peau était belle, là je n'aime pas ça, c'est plus violacé... je devais avoir 4 personnes à mon chevet. Il devait être 3h AM. Lorsque l'infirmière me confirme que l'on venait d'appeler le médecin en urgence il était 3h30. À vraie dire, je ne savais pas quoi penser, je ne savais pas non plus que le lambeau était en danger. Si le sang ne circule plus ou mal, on me l'aurai enlevé et donc j'aurai eu l'ablation. Donc, dans le temps de le dire j'avais le médecin devant moi... je me suis senti plus rassuré, il regarde le tout et me confirme que l'on retourne en salle d'ops... il me dit que nous avons encore du temps pour sauver le lambeau. Là je panique un peu... je ne savais pas on dirait que j'étais sans émotion...
Comme la chambre est très petite, ils sortaient tout dans le corridor (chaise et plateaux). Pas de temps pour une stratégie de réaménagement... À 4h j'étais dans le corridor près du poste de garde et de l'ascenseur car on préparait la salle. J'avais la larme à l'oeil, je ne savais pas ce qui allait se passer. Personne n'est avec moi. J'étais seul dans la civière tous le personnel était dans mon dos je ne voyais personne. Je me demandais si je devais appeler Yves ...? Au final je ne l'ai pas fait appeler en me disant que je serai de retour à ma chambre avant son arrivée qui n'a pas été le cas. Je ne sais pas comment je me sentais mais rendu en bas oh j'étais plus émotive.
Rendu au bloc le défi était de me placer sur la table d'opération... là je ne suis pas mobile j'ai deux plaies... je peux vous dire que dans ces situations tous les professionnels en place deviennent préposés... l'anesthésiste se charge des pieds, un autre la tête... tout roule au quart de tour. Au final j'y suis et prise deux...
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